Un ancien policier de la SQ dit qu'il aurait pu prévenir l'attentat Air India
Le 9 mai 2007 - 13:38
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Un ancien policier de la Sûreté du Québec affirme qu'il aurait probablement pu éventer l'attentat contre le vol d'Air India en 1985 si on lui avait donné la chance d'examiner les bagages avant que l'appareil ne quitte l'aéroport de Mirabel, à Montréal.
Serge Carignan, qui témoignait mercredi devant la commission d'enquête qui se penche sur cette tragédie, a expliqué avoir reçu chez lui, le soir du 22 juin 1985, un appel inhabituel lui indiquant qu'il devait fouiller un avion gros porteur ainsi que les bagages des passagers.
Mais au moment où il est arrivé à Mirabel en compagnie de son chien Arko, qui était spécialisé dans la détection d'explosifs, l'avion était parti et il ne lui restait plus qu'à examiner trois valises suspectes qui avaient été laissées derrière.
Les valises se sont révélées inoffensives. Mais M. Carignan s'est déclaré convaincu que, s'il avait pu fouiller l'appareil et la totalité des bagages, il aurait été en mesure de prévenir la mort des 329 personnes qui se trouvaient à bord.
"Je me suis toujours demandé pourquoi, si j'ai été appelé pour fouiller un appareil et des bagages (...) pourquoi ont-ils permis à l'appareil de décoller avant que j'arrive, a-t-il dit. Je n'ai pas eu la chance de fouiller cet appareil. Je pense que si j'avais pu le faire, les choses se seraient peut-être déroulées autrement."
Le vol 182 d'Air India avait quitté Toronto plus tôt pendant la journée et faisait une brève halte à Montréal avant de poursuivre sa route. Il s'est écrasé au large des côtes irlandaises le lendemain matin, après l'explosion d'une bombe.
Plusieurs des détails du témoignage de M. Carignan contredisent les versions précédemment fournies par Transport Canada et la Gendarmerie royale du Canada.
Il a révélé avoir cru que la GRC demanderait à le rencontrer dans le cadre de l'enquête criminelle qui a suivi l'attentat, mais que personne n'a jamais communiqué avec lui. Maintenant à la retraite sur l'île de Vancouver, il n'a été interrogé que la semaine dernière par les avocats de la commission d'enquête.
Le député libéral Ujjal Dosanjh, qui défend les familles des victimes depuis plusieurs années, a déclaré mercredi qu'il commence à croire que l'échec de la GRC à prévenir cet attentat était plus que de la simple incompétence.
Il a qualifié les révélations de M. Carignan de "stupéfiantes" et il a dit à la télévision anglaise de Radio-Canada que le nombre croissant de contradictions lors des témoignages, combiné à la multiplication des documents manquants, "commence à ressembler à un complot pour dissimuler la vérité".
"On nous mène presque à la conclusion que c'est un complot pour dissimuler ce qui s'est passé, a dit M. Dosanjh. J'espère que ce n'est pas le cas, mais tout semble pointer dans cette direction."

© La Presse Canadienne, 2008

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