Dumont juge "très mince" le Discours inaugural du premier ministre Charest
Le 9 mai 2007 - 17:11
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| Le chef de l'opposition officielle, Mario Dumont |
Si ce n'est des idées "pigées dans le buffet de l'ADQ", le Discours inaugural prononcé mercredi par le premier ministre Jean Charest était plutôt "faible" et son contenu "très mince", a estimé le chef de l'opposition officielle, Mario Dumont.
Sur des enjeux fondamentaux comme la réforme de l'État, la santé et l'économie, M. Charest s'est contenté d'exprimer des lieux communs, sans énoncer "un programme de gouvernement qui soit cohérent", a évalué le leader de l'ADQ.
"C'est un discours qui, sur les grands enjeux de la société québécoise, est faible, il faut bien le dire. Faible de vision d'ensemble, faible d'éléments de transformation", a analysé M. Dumont, en point de presse à l'Assemblée nationale tout juste après l'allocution du premier ministre.
M. Dumont est néanmoins heureux de constater que des engagements majeurs inscrits au programme de l'ADQ figurent dans la liste des orientations gouvernementales annoncées par le premier ministre.
M. Charest a en effet promis l'introduction d'un bulletin chiffré à l'école dès la rentrée scolaire de septembre, la tenue d'une consultation publique sur les conditions de vie des aînés et la mise en oeuvre de travaux sylvicoles pour amoindrir l'impact de la crise forestière.
Il y a de quoi de réjouir de ces "engagements repiqués à gauche et à droite dans le programme de l'ADQ", a commenté le chef de l'opposition.
À cela s'ajoute l'intention exprimée par M. Charest de "mobiliser" la Chambre afin de conclure une entente avec Ottawa pour limiter le pouvoir fédéral de dépenser, une autre priorité de l'ADQ.
En ce qui concerne l'allègement du fardeau fiscal, un engagement auquel tient mordicus le premier ministre, le chef adéquiste a été catégorique. Son parti s'opposera à ce que le gouvernement détourne à des fins de baisses d'impôt les 700 millions $ consentis par Ottawa au Québec pour corriger le déséquilibre fiscal.
"Il faudra voir le budget dans son ensemble (mais) là-dessus, j'ai dit que les baisses d'impôt telles qu'annoncées en campagne électorale, c'est un non définitif", a-t-il insisté.
Par ailleurs, M. Dumont a dit trouver "curieux" que le premier ministre utilise le nom de la victime de la fusillade survenue en septembre dernier au Collège Dawson pour désigner la future loi sur le contrôle des armes à feu.
Sans aller jusqu'à accuser le gouvernement de récupérer la tragédie à des fins partisanes, M. Dumont a avoué ne pas se sentir à l'aise avec la décision de M. Charest de désigner la législation "Loi Anastasia", en souvenir de la jeune Anastasia De Sousa, tombée sous les balles du Kimveer Gill.
"J'ai été surpris, j'ai trouvé cela assez curieux comme façon d'aborder un débat où il y aura une foule de points techniques qui devront être analysés avec rigueur et méthode. J'ai trouvé que c'était un drôle d'angle pour amorcer l'étude d'un projet de loi", a-t-il dit.

© La Presse Canadienne, 2008

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