Pauline Marois présente ses conditions pour devenir chef du PQ
Le 13 mai 2007 - 15:52
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La seule candidate à la direction du Parti québécois, Pauline Marois, a présenté clairement dimanche ses conditions pour être choisie chef.
Flanquée d'un grand nombre de députés péquistes et bloquistes, Mme Marois a confirmé sans surprise dimanche matin sa candidature à la direction de la formation souverainiste, moins de 24 heures après le désistement samedi du bloquiste Gilles Duceppe. Elle avait déjà annoncé sa décision vendredi, juste après celle de M. Duceppe. C'est la troisième fois que Mme Marois brigue la direction du PQ.
Assumant la "sévère défaite" infligée au parti le 26 mars, elle en a conclu que le parti doit "renouveler son approche" sur ses deux piliers, la social-démocratie et la souveraineté: il doit moderniser sa conception de la social-démocratie et en finir enfin avec les débats interminables sur l'échéancier référendaire, sous peine de disparaître.
"Si on me choisit comme chef de parti, c'est aussi cette orientation là qu'on choisit", a-t-elle signifié en conférence de presse juste après son discours.
"Le Parti québécois doit rompre avec le piège d'échéancier ou d'obligation référendaire, a-t-elle déclaré dans son discours devant des militants enthousiastes, dans un hôtel de Longueuil. Il faut cesser la fuite en avant, c'est la première chose dont je veux parler avec les militants dans toutes les régions du Québec."
De même, elle a rappelé aux militants qu'à l'instar du constat des autres partis de centre-gauche en Occident, il faut d'abord créer de la richesse, "condition essentielle pour faire avancer l'égalité des chances, pour financer les services publics et bâtir la vraie solidarité".
Par ailleurs, empruntant des thèmes chers au parti qui a supplanté le PQ, l'ADQ, elle a soutenu que la famille était au coeur de sa proposition politique comme "pilier de notre société". Aussi, dans l'énumération des valeurs communes des Québécois, elle a dit entre autres qu'ils étaient "francophones avant tout", ainsi que désireux du respect de leur identité. Elle s'est défendue toutefois de flirter avec l'autonomisme de Mario Dumont.
L'ancienne vice-première ministre a pris le temps de saluer au passage Gilles Duceppe, qui a décidé samedi de se retirer de cette course à la direction, au nom de la cause, selon elle.
"Je suis certaine que la grande famille souverainiste québécoise est heureuse qu'il ait posé ce geste, et Gilles, je veux lui dire, cela te grandit."
Elle a ajouté que si elle était élue, elle allait travailler en étroite collaboration avec le Bloc.
Egalement, en conférence de presse, elle a souligné le travail réalisé avec talent et "dans des conditions difficiles" par le chef précédent, André Boisclair, qui l'avait battue à la course à la direction de 2005, avec 53 pour cent des votes des membres du parti.
A la différence de 2005, toutefois, elle estime que son parti a le goût de faire avec elle, et elle avec lui, "un immense exercice d'écoute", et qu'elle fixera ensuite les orientations et objectifs.
Avant de prendre sa retraite politique en 2006, Mme Marois a occupé au cours de sa carrière les plus importantes fonctions du conseil des ministres du Québec, à titre de ministre des Finances, de l'Education, de la Santé, de vice-première-ministre et de présidente du Conseil du Trésor.
Le 26 mars, le PQ a subi sa pire défaite depuis 1976, il a récolté 28 pour cent des suffrages, obtenu 36 sièges, et perdu son statut d'opposition officielle.

© La Presse Canadienne, 2008

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